El Hadji Diouf dévoile les secrets de la victoire contre la France

El Hadji Diouf dévoile les secrets de la victoire contre la France

La date du 31 mai 2002 restera à jamais dans les anales du football sénégalais. D’ailleurs comme l’affirme El Hadji Diouf, c’est cette date qui marque l’indépendance du Sénégal.

Dans un entretien accordé à Team Duga sur RMC, Diouf a dévoilé dévoile les secrets de la victoire contre la France et le coup de génie de Bruno Metsu qui avait pris la décision de ne pas aligner le meilleur buteur de l’histoire en équipe nationale du Sénégal, Henri Camara.

France – Sénégal de 2002, c’est le plus beau souvenir de ta carrière ?

« Bien-sur oui, comme j’ai toujours l’habitude de la dire. Tout un pays, tout un continent attendait que le Sénégal fasse l’exploit face à la France. Le 04 avril c’est notre indépendance normalement, mais pour les sénégalais c’est le 31 mai. C’est en 2002 qu’on a pris notre vrai indépendance. D’ailleurs chaque 31 mai, on m’envoie des messages de félicitation en me disant bonne fête de l’indépendance. Pour dire que nous sommes le seul pays africain à avoir l’indépendance deux fois. On l’a eue avec le Général De Gaule, ensuite sur le terrain de football en battant la France…car en 2002, toute cette génération était issue des centres de formation françaises. »

Diouf, qu’est ce que t’as comme souvenir de l’avant-match, de consignes, de choses qui ont été dites pour préparer le match ?

Vous savez, je vais vous dire quelque chose que personne ne va croire aujourd’hui. Avant ce match, Henri Camara avait joué tous les matches de l’équipe nationale du Sénégal. Il était titulaire indiscutable et jusqu’à présent il est le meilleur buteur de l’histoire du Sénégal. Bruno avait dit qu’il ne pouvait pas se permettre de jouer en même temps avec Fadiga et Henri Camara parce que ce sont de vrais attaquants. Donc il était obligé d’avoir quelqu’un à droite qui va retenir Lizarazu. Parce que le point fort de la France c’était Lizarazu et Thuram. Et Bruno Metsu avait dit à Henri Camara, parce que à l’époque on avait tous du caractère. Mais Bruno gérait tant mieux que l’équipe et avait averti Henri six mois avant le match qu’il ne serait pas aligné. Mais il avait vu dans la tête de Moussa Ndiaye qui jouait à Sedan et qu’on sait un joueur de devoir, lui disant si Liza me fait trois centres tu sors. Pour Fadiga, il est plus joueur, plus majestueux, capable de donner des passes décisives. Donc on ne pouvait pas lui donner des consignes. Pour vous dire, Henri Camara n’avait pas joué et il a toujours ce match à la gorge. Mais l’équipe avait gagné, Bruno avait réussi. Autre aspect, Aliou Cissé n’avait jamais joué milieu de terrain défensif avant. Lors de la finale de la coupe d’Afrique et des éliminatoires du mondial, il jouait stoppeur à la place de Malick Diop. Donc Bruno avait tout chamboulé pour mettre des joueurs de devoir. Malick Diop en Libéro, Aliou Cissé devant la défense où on lui demandait de rester. Cissé, Salif Diao et Pape Bouba Diop devaient aller à la réception et ensuite jouer sur moi puisque je gardais bien la balle. C’est pour cela, cette coupe du monde si vous regardez bien, tous les meilleurs buteurs étaient des milieux de terrain…

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