Kalidou Koulibaly, reviens-nous vite !

Kalidou Koulibaly, reviens-nous vite !Cet article traite d’un joueur, d’un homme, qui au fur et à mesure que les années se sont écoulées, a su prendre de l’assurance, et atteindre le stade du top 5 des meilleurs défenseurs centraux du monde. Il traite d’un meneur, qui n’a pas moins été l’auteur d’une demi-saison extrêmement décevante. Petit point sur la situation de Kalidou Koulibaly.

Avec Manolas, la mayonnaise peine à prendre

Dire que Kalidou Koulibaly n’est plus que l’ombre de lui-même aujourd’hui serait très exagéré. Serait faux, même. Car à la fin de cette demi-saison, on le considère toujours comme un très bon défenseur. On n’en est pas encore au point de parler du « Koulibaly d’avant. » La plupart du temps il est irréprochable. Autoritaire dans les duels, propre à la relance, et meneur dans l’attitude. Pourtant, avec 22 buts encaissés, le Napoli n’est aujourd’hui que la septième défense de Serie A. Statistique qui ne trompe pas, et qui est en adéquation avec la baisse de régime de son stoppeur emblématique. Koulibaly a des soucis de concentration, se fait bien plus fréquemment dépasser que précédemment, et est l’auteur d’une paire de bourdes, parfois fatales. Glissades, relances en plein milieu… Faits de jeu qui amènent à se demander si c’est bien Koulibaly qui en est l’auteur, tant ce genre de choses ne lui ressemblent pas.

A cela il y a plusieurs raisons. Premièrement, l’arrivée de Kostas Manolas. Le Grec arrivé au mercato d’été en provenance de Rome, était censé former avec lui la meilleure charnière centrale de Serie A, d’après Aurelio De Laurentiis. Mais l’entente entre les deux hommes peine à se peaufiner, leur performance collective stagne, et leur non-complémentarité est mise en cause à chaque match où le Napoli prend deux buts. Mais tenant compte du fait que ces deux hommes sont l’un comme l’autre d’excellents stoppeurs, nul doute que le temps règlera ce souci. L’autre raison à cette baisse de régime du Sénégalais, c’est l’état d’esprit global de l’équipe. Et c’est bien plus embêtant…

Kalidou Koulibaly, symbole du mal-être collectif

Une série de sept matchs sans victoire en championnat, un bail qu’il n’avait pas connu ça. Une quasi-mutinerie, c’est la première fois qu’il vivait quelque chose de semblable. Un président qui menace de vendre la moitié de l’équipe au mercato, il ne l’avait jamais connu, Kouli. Cette atmosphère hostile, il ne la connaissait pas et pourtant il aurait contribué à la créer. Elle a anéanti tout le groupe, lui compris. Les performances de chaque joueur en ont été atteintes, mais on pouvait s’attendre à ce que Kalidou soit plus solide que la moyenne des azzurri, et encaisse le choc, en restant le roc qu’il a toujours été. Malheureusement ça n’a pas été le cas.

Tout comme un attaquant qui n’est pas en confiance est une garantie de manque à marquer pour toute l’équipe, un stoppeur pas sûr de lui est une garantie de se prendre une bonne quantité de buts en plus par rapport à d’habitude. Cela se sent sur sa façon de jouer : il est plus stressé, porte moins le ballon, dégage en touche plus souvent, et aura cette tendance à marquer une seconde d’hésitation au moment de faire le geste crucial en tant que dernier défenseur. Résultat : toute l’équipe en souffre, voyant son combattant en chef affaibli. L’exemple à suivre ne marche pas comme d’habitude, impossible pour les autres de passer au-dessus de ce climat hostile. Le Napoli tout entier n’est plus celui que la Serie A connaissait depuis une bonne dizaine d’année. Les adversaires n’ont plus peur de se rendre au San Paolo. Gattuso a du pain sur la planche.