Kalidou Koulibaly, muraille du Naples et symbole de l’anti-racisme en Italie


Kalidou Koulibaly

Très en vue cette saison, notamment en Ligue des Champions face au PSG et à Liverpool, Kalidou Koulibaly est au sommet de sa carrière. L’international sénégalais fait aujourd’hui l’unanimité, il est considéré comme l’un des meilleurs défenseurs du monde, mais aussi comme un des joueurs les plus présents dans la lutte contre le racisme dans le football. Focus.

Kalidou Koulibaly fait partie du gratin européen à son poste, pourtant sa place dans le monde du football n’a pas toujours été une évidence. Bien loin du long fleuve tranquille, ses débuts au centre de formation du FC Metz se sont faits dans la difficulté, versant au départ dans la déception, avant de connaître le succès et les trophées. En effet, à l’âge de 12 ans, le petit Koulibaly est poussé vers la sortie, ne faisant pas vraiment l’unanimité auprès des formateurs grenats. Il retourne alors dans le club où tout à commencé pour lui, le SR Saint-Dié. Déçu, il songe à changer de voie, et à abandonner le football. Mais en 2009, il parvient à réintégrer le centre de formation lorrain, et remporte la Coupe Gambardella cette saison-là.

Si certains doutaient de ses capacités, son entraîneur de l’époque Dominique Bijotat avait repéré le potentiel énorme du jeune défenseur. Dans la foulée de son titre avec les jeunes messins, Kalidou Koulibaly intègre le groupe professionnel, et découvre la Ligue 2. Cette fois, on lui fait confiance, et en deux saisons, il dispute 46 matchs toutes compétitions confondues. « Il était jeune et a coûté quelques buts, mais cela faisait partie de la formation », raconte Dominique Bijotat. « Il avait vraiment un temps d’avance sur les autres, dans la compréhension du jeu, l’écoute. À cet âge-là, c’était très marquant par rapport à d’autres. »

Du KRC Genk au Napoli

Après deux années dans l’équipe première, Metz laisse encore filer le jeune défenseur mais cette fois la raison est différente, le club descend en National. Le Franco-sénégalais atterrit en Belgique au KRC Genk, en échange d’un chèque de 1,3M€. Après deux saisons complètes, une coupe de Belgique en poche et 92 matchs joués toutes compétitions confondues sous ses nouvelles couleurs, Kalidou Koulibaly fait ses valises, mais cette fois pour changer de dimension. Il part à la découverte du très haut niveau en Serie A, du côté du Napoli.

Une trajectoire inespérée pour le natif de Saint-Dié-des-Vosges, d’ailleurs au départ le principal concerné n’y croit pas. Contacté en personne par l’entraîneur de l’époque, un certain Rafael Benitez, Koulibaly croit d’abord à un canular. « Je lui ai raccroché deux ou trois fois au nez. Je n’y croyais pas, je pensais que c’était un ami qui me faisait une blague », a-t-il avoué à France Football. « Puis finalement, c’était vrai. Son coup de fil, ça a été un déclic. Mon transfert devait se faire durant l’hiver, ça a capoté, mais il ne m’a pas lâché. Six mois plus tard, il est revenu à la charge. C’était un signe fort. »

Les cris de singes au Giuseppe Meazza

Dans le sud de l’Italie, Kalidou Koulibaly explose aux yeux du monde. C’est effectivement au Napoli que sa carrière s’envole, et qu’il entre dans une nouvelle dimension, celle des meilleurs joueurs à son poste. Cette saison encore plus, il brille sous le maillot napolitain, et ses exploits notamment en Ligue des Champions face à Mohamed Salah, Neymar ou Kylian Mbappé, retentissent bien au-delà des frontières italiennes. Pourtant, malgré son statut de star de la Serie A, Koulibaly est victime de racisme sur le terrain, un évènement qui a marqué le football transalpin.

Alors que des cris de singes se font entendre dans les tribunes du stade Giuseppe Meazza contre l’Inter le 26 décembre 2018, le joueur du Napoli finit par craquer. Le speaker du stade était intervenu trois fois en demandant que les cris s’arrêtent, mais rien n’y a fait. Koulibaly commet une faute sur Matteo Politano et écope d’un carton jaune. Dégouté, il applaudit ensuite ironiquement l’arbitre et prend un deuxième jaune. À dix minutes de la fin du match, il se fait expulser, ce qui indignera toute l’Italie

Maradona : « je suis avec Kalidou Koulibaly »

Suite à ce triste épisode, Koulibaly a reçu de très nombreux soutiens, de Cristiano Ronaldo à Mauro Icardi en passant par Diego Maradona. « J’ai joué sept ans au Napoli, et j’ai aussi été victime des chants racistes de certains fans », avait alors déclaré El Pibe de Oro. « Je me sens napolitain et aujourd’hui, je suis avec Kalidou Koulibaly. J’espère que cette histoire aidera à mettre fin au racisme dans le football une fois pour toutes ». Malheureusement d’autres évènements ont encore éclaté depuis, comme très récemment avec Moise Kean et Blaise Matuidi du côté de Cagliari.

Solide comme un roc sur le terrain, Koulibaly l’est aussi dans la tête et bien que l’incident l’ait blessé, il est revenu encore plus fort. Depuis les cris de singes, son ascension du football européen continue, et sa côte grimpe en flèche. De nombreuses grosses écuries le suivent de près. Barcelone et Manchester United ont été évoquées. Même le Real Madrid et Zinédine Zidane seraient intéressés par son profil. Mais son club actuel n’est pas prêt de le laisser filer, à moins d’une offre que l’on ne peut refuser. Il y a quelques jours, le Sunday Express parlait d’un prix d’environ 175 M€. Une somme exorbitante qui ferait du joueur né à Saint-Dié-des-Vosges le défenseur le plus cher de l’histoire.

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