Le Barça accroché à domicile par le Slavia Prague

Le Barça accroché à domicile par le Slavia PraguePas dramatique comptablement, la qualification restant plus que possible, le nul du FC Barcelone à domicile face au Slavia Prague (0-0) a bien illustré les profonds problèmes dans le jeu du côté des Catalans.

Sans Suarez, Griezmann et Dembélé, titulaires, n’ont pas su saisir leur chance. De l’autre côté, Kolar, le portier tchèque, a effectué le match de sa vie.

Un enfer annoncé. Six défaites pronostiquées. Des claques préméditées. Il n’en est rien de tout ça pour le Slavia Prague, placé dans le groupe de la mort de cette C1 avec le Borussia Dortmund, l’Inter Milan et le Barça. Après ne s’être incliné que 2-1 en République tchèque, les hommes de Trpisovsky, qui avaient accroché l’Inter lors de la première journée, ont plus que jamais enquiquiné les Blaugrana au Camp Nou. Une superbe organisation, un bloc bien compact, une projection vers l’avant efficace et des occasions. Pour, au final, un nul 0-0 pour une superbe performance dans l’histoire moderne de la formation tchèque.

De l’autre, l’ambiance est loin d’être la même pour un Barça encore décevant. Fessés 1-3 à Levante le week-end dernier, les partenaires de Piqué devaient une revanche à leurs supporters. C’est raté. Dans un match test, le premier depuis la blessure de Suarez, absent et touché au mollet, Valverde alignait une triplette Messi-Griezmann-Dembélé. Avec l’Argentin placé en pointe et les Français sur un côté. Au final, Vidal évoluait très, très haut dans l’axe tandis que Messi se baladait, comme à son habitude, pour redescendre souvent chercher le cuir. Griezmann, qui aurait pu prétendre à l’axe, a une nouvelle fois connu les plus grosses difficultés à se montrer véritablement dangereux sur un côté, poste qu’il n’affectionne pas vraiment, on le sait.

Griezmann perdu sur un côté

Un premier mouvement, enfin, à la 24e minute, mais, derrière, Dembélé ne pouvait être efficace sur un centre. Un joli une-deux avec Alba faisait penser que son match était enfin lancé (26e). Mais ensuite, «Grizou» n’a quasiment pas existé. Une passe qui manquait d’allant alors que la situation était intéressante (43e), une louche ratée en direction de Vidal (54e). Avec la rentrée de Fati, l’ancien de l’Atlético changeait de côté. Pour le même résultat, ou presque. Sa passe était bonne pour une nouvelle grosse occasion de Messi, servi par Fati (78e). Symbole du match ? Cette passe facile de Vidal qui ne touchait pas Griezmann alors qu’il était idéalement placé (83e). Mais il a globalement trop peu touché le cuir. Son intelligence et sa vision de jeu auraient pu être très utiles face à un bloc très haut et qui laissait des espaces dans le dos. Lui aussi a tenté certains appels dans la profondeur, mais il n’a jamais été servi dans de bonnes conditions. Également, très peu d’échanges avec Messi, bref, pas de quoi faire disparaître les nombreux doutes sur son côté Barça-compatible.

Dembélé sifflé

Le bilan n’est pas meilleur pour Dembélé. Préféré à Fati au coup d’envoi, «Dembouz» avait là l’occasion idéale pour grappiller quelques points dans l’esprit de son coach et de supporters toujours très dubitatifs à son sujet. Résultat ? À sa sortie, après 64 minutes, on a entendu certains sifflets qui descendaient des travées… Plus rapide que Griezmann, Dembélé aurait dû se régaler de débordements et de courses à haute intensité. Hors-jeu, contrôle manqué, l’ancien de Rennes commençait sa partie les mains dans les poches ou presque. C’était même Semedo, latéral droit, qui était plus dangereux, prenant lui l’espace et manquant un face-à-face (11e). Il a surtout connu un déchet monstre, comme beaucoup d’autres de ses coéquipiers. À dix minutes de la pause, Dembélé se lançait avec un contrôle long, mais au moment de chercher Messi, le cuir revenait dans les pieds adverses… (37e). Sa meilleure action du match fut cette passe dans le bon tempo pour Roberto, qui tombait encore sur Kolar (55e). Titulaire avec les Blaugrana pour la première fois depuis un mois, Dembélé peine décidément à enthousiasmer la Catalogne…

Trop de déchet pour ce Barça

Quant à Messi, il est tombé sur la muraille de Prague ! Avec un match absolument exceptionnel de Kolar, portier de 25 ans. Il a multiplié les parades et, quand il n’était pas sur la trajectoire, il a été sauvé par ses montants. En première période, Messi, avec sa science du placement et des feintes de corps dévastatrices, partait de la ligne médiane, effectuait un crochet avant de fracasser le poteau (35e). Dans son style, Messi est souvent redescendu, parfois jusqu’au poste de numéro 6, pour tenter d’oxygéner son collectif et permettre à ses attaquants d’avoir de l’espace. Volontaire, il a, lui aussi, connu un certain déchet, faisant parfois le crochet de trop. Mais il a tout de même été à l’origine des meilleurs mouvements comme, dans les arrêts de jeu, quand il libérait pour De Jong à gauche dont la passe ne trouvait ensuite pas de partenaire dans la surface.

Un nul qui ne va pas arranger les affaires de Valverde. Dans le jeu, c’est bien trop insuffisant et on n’a pas franchement l’impression de voir son collectif en progression. Et avec le matériel à disposition, ça l’a fout mal.