Le FC Barcelone bat Manchester United et file en demie

MessiEmmené par un grand Lionel Messi, auteur d’un doublé, le FC Barcelone s’est rapidement mis à l’abri face à Manchester United (3-0, après le 1-0 de l’aller), et se qualifie pour les demi-finales de la Ligue des champions pour la première fois depuis 2015.

Le premier quart d’heure venait à peine de s’écouler, que Lionel Messi se décidait, déjà, d’éteindre les lumières. Complètement amorphe, le Barça peinait à ressortir face à la pression mancunienne. Et pourtant … Dans son camp, Ashley Young s’emmêlait les pinceaux et se faisait chiper la sphère par la Pulga. Ce dernier renvoyait Fred dans ses 22 et envoyait, derrière, une frappe enroulée imparable du gauche venue se loger dans le petit filet d’un De Gea malheureux (1-0, 16e). La spéciale. Trois minutes plus tard, rebelote. McTominay, sous pression, cédait face aux assauts catalans. Messi, encore lui, subtilisait le ballon, filait vers le but et frappait du droit, sans grand conviction. Sur la trajectoire, De Gea pensait capter le cuir mais se rendait finalement coupable d’une bourde monumentale (2-0, 20e). Emballé, c’est pesé. L’Argentin venait en l’espace de 240 secondes de détruire les espoirs mancuniens.

Pourtant, les Mancuniens n’étaient pas venus en touristes au Camp Nou. À la faveur d’un excellent pressing en début de match, Manchester United étouffait des Barcelonais bien tendus. Et sur une superbe passe de sa patte gauche, Paul Pogba lançait Marcus Rashford dans la profondeur, mais le jeune attaquant anglais trouvait la barre transversale sur une frappe peu académique (1e). Dans la foulée, McTominay, alerté par Rashford dans la surface, loupait son contrôle au moment de se présenter face à Ter Stegen. Les Barcelonais éprouvaient quelques difficultés pour se faufiler dans le camp adverse, tandis que les ouailles de Solskjær nous gratifiaient d’excellentes sorties de balle. Mais la panique dans les rangs barcelonais s’est vite estompée. Première frayeur dans la surface mancunienne, sur un contact entre Fred et Rakitic, l’arbitre désignait le point de penalty avant de faire machine arrière après consultation du VAR. La suite, vous la connaissez, Messi – qui n’avait plus mis un but en quart de finale de C1 depuis 2013 – enfilait sa cape de super-héros et mettait fin aux festivités. Sonné, Manchester United répliquait, timidement, par l’intermédiaire de Pogba au bénéfice d’une frappe de loin (38e). Mais les meilleures occasions furent pour les locaux. De Gea, lui, se remettait doucement la caboche à l’endroit en stoppant un coup de casque de Rakitic sur un coup franc de Messi (41e). Dans le temps additionnel, le génie argentin s’amusait de Jones, lançait Alba, mais le gardien espagnol sortait une parade miracle sur une reprise en première intention de Sergi Roberto (45e). Au retour des vestaires, le Barca gérait tranquillement son avantage, et profitait d’un bloc mancunien de moins en moins compact. Cela avant de voir, Coutinho, bien en jambes, mettre une praline de 25 mètres dans la lunette de De Gea et parachever la victoire des siens (3-0, 61e).

Messi, six ans plus tard

Il en avait sans doute un peu marre de cette disette longue de six ans et c’est pour cela qu’il s’est décidé à retrouver le chemin des filets. Après un match aller bien terne, où il s’était fait caresser les oreilles par Chris Smalling, Lionel Messi a remis les pendules à l’heure. Auteur d’une performance XXL, comme souvent, l’Argentin s’est bien amusé d’une défense mancunienne aux abois. Et pour assaisonner le tout, la Pulga s’est offert un doublé bien mérité, quoi que bien aidé par la bévue d’un De Gea venu précipiter la chute des siens. Le capitaine du Barça était même tout proche de s’offrir un triplé au sortir de la pause, mais sa frappe, déviée, ne trouvait pas le cadre. Et sur une erreur d’appréciation de Phil Jones, Messi, dos au but, tentait un retourné acrobatique qui passait finalement juste à côté (64e). Mais de cette partition de Messi, on retiendra ses dribbles chaloupés, sa clairvoyance et sa vision du jeu. Un sentiment de toute puissance se dégageait à chacune de ses prises de balle. Au point, quelquefois, de donner l’impression de se balader face à une horde de mannequin. D’une justesse folle, il avait, après avoir récupéré le ballon dans son camp, envoyé un amour de transversale à destination d’Alba sur le pion de Coutinho.

De Gea, les gants en mousse

Dans cette rencontre, il a été l’auteur d’une parade incroyable sur Sergi Roberto, mais surtout d’une boulette folle sur le deuxième but de Messi. S’il a empêché la Pulga de s’offrir un triplé en toute fin de match après un nouveau numéro de l’Argentin, De Gea a aussi précipité la chute des siens. Celui qui sera en fin de contrat en juin prochain n’aura pas su se montrer décisif au moment où ses coéquipiers en avaient le plus besoin. Pourtant, hormis cette erreur fatale, l’Espagnol aura réalisé une performance honorable. Mais le métier de gardien est des plus compliqués. Si un attaquant a l’opportunité de se rattraper au cours d’un match, pour un portier, une erreur et le couperet ne tarde pas à tomber. Et après une Coupe du monde loupée dans les grandes largeurs, De Gea aura raté, une nouvelle fois, l’occasion de faire taire ses détracteurs.