Leroy Sané, énigme entre mise à l’écart et relation compliquée avec Guardiola

Leroy SanéAprès un très bon début de saison, dans la lignée de l’exercice précédent, Leroy Sané doit désormais se résoudre à un rôle marginal. L’Allemand doit convaincre son coach de le réintégrer sur la durée.

Il ne lui avait fallu que deux touches de balle pour se mettre dans le sens du but et décocher une frappe croisée. Imparable. Alisson était battu, Liverpool aussi (2-1), pour la première fois de la saison. Ce jour-là, à l’Etihad Stadium, le but salvateur venait de Leroy Sané. Toute la rage qu’il dégageait ensuite pour célébrer était symbolique d’un joueur en pleine réussite, qui voulait mener son équipe vers le titre. Ou plutôt vers tous les titres. Pourtant, depuis, rien ne s’est vraiment passé comme prévu. Sauf un tournant certain dans l’esprit de son coach. Une rencontre beaucoup moins flatteuse pour le jeune Allemand, fin janvier, quand les Citizens étaient défaits contre Newcastle (2-1). Une colère noire de Pep Guardiola s’en suivait dans les vestiaires après la rencontre. Depuis, le meilleur jeune joueur de la saison 2017-2018 n’a débuté que sept des seize derniers matches des siens. Un temps de jeu famélique qui interroge, surtout au regard du talent du garçon. Il questionne aussi bien les supporters et la presse anglaise qu’au sein de l’effectif. «Le rôle de plus en plus périphérique de Sané commence à dérouter certains de ses coéquipiers et agace particulièrement le joueur, qui estime qu’il doit jouer davatange», écrivait The Telegraph il y a quelques jours. «La marginalisation de Sané, compte tenu de son pouvoir de nuisance sur le terrain, fait tiquer dans l’effectif», expliquait le journal.

Leroy Sané est le premier joueur de Manchester City à atteindre dix passes décisives en Premier League cette saison. Le quatrième joueur à atteindre au moins dix buts et dix passes décisives en PL pour cet exercice.

L’attitude en cause ?

Plusieurs hypothèses émanent alors. La première, sur son rendement et la qualité de sa saison, parait infondée. Avec quinze buts toutes compétitions confondues, et dix-huit assists, il se classe parmi les joueurs les plus décisifs de l’équipe. Même quand il n’a qu’un rôle de remplaçant, il performe. Un deuxième point peut également attirer l’attention. Le contrat du joueur. Celui-ci court jusqu’en 2021 et les négociations ont débuté l’année dernière pour une prolongation. Sans succès pour l’instant. Le profond mécontentement qui gagne le joueur pourrait, selon The Telegraph, «faire pencher la balance» si la situation ne venait pas à s’améliorer. Mais des mots même de l’ancien entraîneur du FC Barcelone, ces bisbilles contractuelles ne rentrent pas en ligne de compte. Il y a plutôt matière à creuser sur tous les aspects qui relèvent de l’extra-sportif. Tout ce qui se rapporte au comportement, en fait. En début d’exercice, il avait déjà été écarté par Guardiola. Lui était alors reproché certaines attitudes. Jusqu’à ce que le Catalan remette en question son implication, comme le rappelait The Independent en mars.

Quoi qu’il en soit, Leroy Sané, en dépit de bonnes statistiques, joue moins. De quoi pousser The Times à titrer : «Pep Guardiola a-t-il perdu confiance en Leroy Sané ?». Et de rappeler que dans les gros matches, où Manchester City avait une «réelle» opposition en face, l’ancien joueur de Schalke n’a joué qu’une seule fois quatre-vingt-dix minutes… contre Liverpool, où il avait été décisif. Sacrée curiosité. D’autant que Guardiola a réitéré à souhait sa confiance en son joueur. The Times rappelle qu’une statistique pas aussi anodine que cela pourrait jouer en la défaveur du joueur : Manchester City a perdu quatre fois cette saison en Championnat et à chaque fois, l’Allemand était titulaire. Sans scorer, ni délivrer de passe décisive. «Mon admiration et ma confiance en lui sont intactes, mais je veux toujours plus», abondait l’entraîneur en conférence de presse récemment. Insistant aussi sur le fait qu’il «était encore jeune et en développement».

Saisir toutes les opportunités

Le plus grand désaveu a certainement été la titularisation de Riyad Mahrez à ses dépens en quart de finale aller de Ligue des champions contre Tottenham (défaite 1-0). Après être resté sur le banc contre Arsenal en Premier League, tout comme Chelsea, deux fois, dont en finale de League Cup. Il y a bien eu ces éclairs de génie lors du huitième retour contre son ancien club, Schalke, et une détonnante victoire 7-1, avec trois passes décisives et un but à la clé. Bien loin des standards de la saison passée, qui l’avaient conduit au PFA Young Player of the Year 2017-2018, avec dix buts et quinze passes décisives rien qu’en Premier League. Tel un grand artisan de l’incroyable saison des Sky Blues en Premier League qu’il a été. Alors dans tout ce marasme, le Catalan était bien obligé de sortir du bois. Même si, au regard des performance de son équipe (mise à part la C1 dernièrement), rien ne l’obligeait nécessairement à justifier ses choix. «Il sait la raison pour laquelle il ne joue pas dernièrement. On lui parle souvent. Sur et en dehors du terrain on attend le meilleur». Comme un pavé dans la marre. Et de quoi se poser de nouvelles interrogations, toujours sans réponse. Une chose est sûre, la dernière performance réussie de Leroy Sané contre Crystal Palace, en plus d’être passeur décisif, devrait convaincre son entraîneur de sa motivation. Et qui sait, le confirmer dans le onze titulaire contre les Spurs, où les Citizens vont devoir inverser une situation qui s’avère des plus délicates. À Leroy de briller pour retrouver son trône.

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