Liverpool bat Tottenham et reprend la tête de la Premier League

Liverpool

Avec un match de plus que Manchester City, Liverpool est de retour en tête de la Premier League. Mais que cela fut compliqué ce dimanche devant Tottenham dans le choc de cette journée.

Si Firmino avait ouvert le score, Lucas Moura avait pensé offrir le point du nul aux Spurs. Un but contre son camp d’Alderweireld a rendu Anfield fou de joie dans les arrêts de jeu (2-1).

Dans cette attrayante course au titre en Premier League, au regard des calendriers de Liverpool et Manchester City, Tottenham se plaçait comme un des principaux décideurs du dénouement final. Chacune des deux écuries devait affronter les Spurs en cette fin de saison.

Ce sont les Reds qui s’y collaient en premier, dans leur antre d’Anfield. Là où, depuis 2011, ils n’ont pas perdu contre cet adversaire. Une série qui va se poursuivre, au cours d’une partie où on n’a pas toujours retrouvé la beauté du football. Le milieu des gros matches, Wijnaldum, Milner, Henderson, était de sorti, tandis que Pochettino optait pour un 3-4-3 avec notamment Lucas titulaire devant. Comme souvent dans les grandes affiches du Championnat d’Angleterre, le spectacle n’était pas forcément au rendez-vous.

Cet affrontement a été longtemps une longue succession de ballons longs, plus ou moins balancés, plus ou moins précis. Liverpool prenait rapidement le jeu à son compte, quelque peu forcé par Tottenham. Et le premier acte a été tout sauf un long fleuve tranquille pour Kane et ses coéquipiers. Leur passivité défensive sautait aux yeux sur chaque situation, et Klopp l’a très rapidement compris.

Le porteur de balle avait tout le loisir d’orienter le jeu ou d’envoyer le cuir dans la surface. C’est ce que Robertson a fait, trouvant Firmino, lui-aussi, totalement seul (1-0, 16e). Symptomatique de ce laxisme, un corner rapidement joué après la pause, et Milner seul dans la surface pour centrer (49e). Van Dijk ne maîtrisait (heureusement) pas son coup de tête.

En fait, même si Liverpool ne se créait pas une situation nette, on sentait de la fébrilité, voire de l’anxiété dans les rangs des Spurs. Mais Tottenham a rebondi, et a réussi à refaire surface au retour des vestiaires. D’abord sur une double occasion, avec Kane à la première frappe, et alors qu’Alisson ne pouvait que repousser, Eriksen se voyait enlever le ballon dans les pieds (56e). Puis, à la suite d’une merveille d’ouverture de Kane, un centre raté, et une déviation d’Eriksen, Lucas se retrouvait en position d’égaliser, en face du but vide (1-1, 70e). Sissoko, aligné au milieu dans le double-pivot, a eu la balle de match.

Et on retrouvait encore Kane à l’initiative, mais le Français, accompagné de Son, en deux contre un face au roc néerlandais, ne trouvait pas la solution (85e). La punition arrivait. Sur un centre, Lloris décidait de ne pas sortir, Salah remisait dans l’axe et le portier envoyait le ballon sur Alderweireld. Le Belge marquait contre son camp au pire moment (2-1, 90e). Dans ce Championnat extrêmement serré, chaque point compte. Ces trois unités arrachées à la dernière minute permettent à Liverpool de reprendre la tête du Championnat, avec un match d’avance. Les Spurs sont quatrièmes, à égalité avec les Red Devils, et s’exposent au retour d’Arsenal qui joue Newcastle, lundi.

Le gagnant : Les latéraux de Liverpool

S’il y en a qui tiennent à chaque fois la baraque, ce sont bien eux. Trent Alexander-Arnold et Andrew Robertson. Encore une fois, ils ont été absolument majestueux dans tout ce qu’ils ont entrepris. Chacun était impliqué sur un but, l’Ecossais à la passe décisive pour Firmino, «TAA» pour pousser à la faute la défense des Spurs en fin de rencontre. C’était aussi le latéral gauche qui revenait in extremis dans les pieds d’Eriksen pour l’empêcher de scorer. Ils ont été partout. De très loin, ce sont les deux joueurs à avoir touché le plus de ballons : 91 pour Alexander-Arnold, 88 pour Robertson. Toujours bien placés, à envoyer de bons centres, et propres défensivement, il n’y a pas grand-chose à revoir de leur copie.

Les perdants : Alderweireld et Lloris, la boulette

Tottenham tenait son point. Certes, les Spurs perdaient du terrain sur leurs concurrents directs pour la C1, mais au moins, avaient montré une belle réaction, notamment en seconde période. C’était un match avec beaucoup de choses positives, avec, offensivement, de belles intentions. Mais défensivement, c’était beaucoup moins bon. En témoigne ce but concédé en toute fin de rencontre. Sur un ballon envoyé dans la boîte par Alexander-Arnold, on attendait de voir le portier français sortir. Il n’en fut rien. Pis, dans cette action confuse, il repoussait sur son coéquipier, Alderweireld, qui ne pouvait qu’observer le cuir rouler tout doucement de l’autre côté de la ligne. Pour s’incliner. Malgré un système renforcé avec trois défenseurs centraux, Tottenham n’a pas été assez serein. Et s’expose à une fin de saison tumultueuse.