« Mbaye Niang a montré qu’il est capable de coups d’éclats »


Mbaye NiangAuteur du but de l’estocade à Séville jeudi, l’attaquant sénégalais Mbaye Niang, gros pari du mercato estival de Rennes, semble enfin trouver la maturité et la confiance qui lui manquaient pour exploiter un potentiel en sommeil.


« J’avais les même interrogations que vous: est-ce-qu’il y a cette stabilité, cette capacité à être performant dans le temps ? », avait admis le président Olivier Létang lors de la présentation du joueur.

Précédé par sa réputation de « sale gosse » du football, aussi doué sur le terrain que dissipé en dehors, Niang (23 ans) était à un carrefour de sa carrière en arrivant en Bretagne.

« On a parlé de sportif mais pas que de sportif. On a parlé de choses entre hommes, d’état d’esprit, de comportement, d’attitude », avait précisé le dirigeant pour justifier son choix de miser sur un élément capable du meilleur comme du pire.

« J’ai trouvé quelqu’un de calme, d’apaisé, posé. On est tous là pour qu’il trouve cette stabilité et cet environnement pour s’épanouir », avait-il poursuivi, une gageure pour un joueur qui a connu sept clubs en autant d’années de football professionnel.

« On verra un autre Mbaye »

« Il a commencé très jeune à 16 ans. Quand vous avez cette notoriété qui arrive, l’attractivité de grands clubs comme le Milan AC qui le fait venir, il y une espèce d’ouragan qui se passe et il faut avoir les pieds sur terre », avait plaidé M. Létang.

Le principal intéressé avait assuré avoir « pris conscience que pour jouer au haut niveau il y avait des exigences, qu’on ne pouvait pas faire ce qu’on voulait ».

« On verra un autre Mbaye », avait-il encore promis après une Coupe du Monde en Russie prometteuse et à l’orée d’un prêt avec une option pour un contrat de quatre ans.

Il a pourtant déçu en 2018, avec 13 matches, dont 4 seulement comme titulaire, une passe décisive, et un but sur un penalty « volé » à Benjamin Bourigeaud, tireur désigné, contre Toulouse.

Lors de la trêve hivernale, on évoquait même un retour de l’autre côté des Alpes, au Torino à qui il appartient encore, voire au-delà de la Grande Muraille, vers les horizons lucratifs de la Chine.

Mais depuis quelques semaines, on ne reconnaît plus le joueur aux allures dilettantes et à l’investissement intermittent de la phase aller.

23 ans, l’âge de raison ?

Replacement défensif, justesse des choix en attaque, générosité… Le Mbaye nouveau est arrivé.

« Il est en train de prendre de l’envergure en effet. Il enchaîne les matches, il enchaine les courses, il est polyvalent, il a du volume, il se met à la disposition de l’équipe », a énuméré l’entraîneur Julien Stephan samedi, avant la réception de Marseille, pour la 26e journée de Ligue 1, dimanche.

Avec un entraîneur qui a une grande expérience de la post-formation, Niang a peut-être trouvé le chaînon manquant vers la maturité.

« Comme je marche à l’affectif, j’essaie de redonner par des prestations abouties et des buts », a admis celui qui rêvait en arrivant de « trouver un club qui me fait confiance et moi rendre cette confiance sur le terrain ».

« J’ai envie de rester dans ce club où je me plais, où les joueurs sont mis dans des conditions telles qu’ils n’ont qu’à penser au foot », a-t-il récemment confié à L’Equipe.

« C’est un joueur avec un fort potentiel, (mais) c’est une délicieuse personne aussi », a dit de lui Stephan.

« Il a montré qu’il est capable de coups d’éclats, la clé pour lui, c’est la constance », a souligné le coach, mais « il se pose les bonnes questions et ça rejaillit sur ses performances », a-t-il ajouté, espérant que 23 ans sera, pour Niang, l’âge de raison.