Sessegnon : « Nous allons nous attaquer au Sénégal… »

Sessegnon : « Nous allons nous attaquer au Sénégal… »

Le Bénin est, avec Madagascar, la révélation de cette CAN 2019. Avant d’affronter le Sénégal mercredi, Stéphane Sessegnon, le capitaine des Écureuils, est revenu sur ce parcours historique.

À 35 ans, Stéphane Sessegnon (71 sélections) dispute sa troisième phase finale de Coupe d’Afrique des Nations, après celles de 2008 et 2010. Le Bénin, qui n’avait jamais franchi le premier tour, s’est octroyé le droit d’affronter la Sénégal en quarts de finale au Caire, après avoir sorti au tour précédent le Maroc, un autre favori (1-1, 4-1 aux t.a.b). Et comme toujours, les Écureuils ne partiront pas favoris…

La CAN du Bénin est-elle déjà réussie ?

Oui, bien sûr. Mais cela ne veut pas dire qu’elle est terminée. On a encore envie de rester en Égypte, de prolonger le plaisir. Ce que nous réussissons est vraiment très bien. Personne n’attendait le Bénin à ce niveau. On sort d’une poule où figuraient le Cameroun et le Ghana, et on élimine le Maroc… Nous allons nous attaquer au Sénégal, une des meilleures équipes d’Afrique, avec sa force collective et individuelle. On sait que ce sera très compliqué, mais on va continuer à s’appuyer sur nos qualités.

Parlez-nous un peu de cette équipe…

Nous savons très bien que nous avons moins de talent que d’autres équipes, et que le Sénégal notamment. Alors, on mise sur d’autres arguments : la discipline collective, l’état d’esprit, la solidarité. On sait ce qu’on doit faire, et on essaie de le faire du mieux possible. Nous sommes capables de bien jouer, comme face au Ghana au premier tour (2-2). Mais on a prouvé que nous savions aussi bien défendre. Face au Cameroun (0-0), mais aussi au Maroc. Là, on savait que nous n’aurions pas la possession du ballon. L’idée, c’était donc de bien défendre, tous ensemble, et de profiter des opportunités pour marquer.

C’est, probablement, le scénario auquel il faut s’attendre contre les Lions de la Teranga…

C’est possible. Le Sénégal a l’équipe et les joueurs pour imposer son jeu. C’est pour cela qu’il faudra être très attentif, éviter de perdre des ballons près de notre but, car face aux individualités sénégalaises, cela ne pardonne pas.

La pression sera davantage sur votre adversaire…

Oui, mais nous en aurons aussi. Nous sommes des professionnels, des compétiteurs, et on a envie de gagner. On gagne en confiance, on a envie d’aller plus loin. Le coach [Michel Dussuyer, NDLR], que je connais depuis longtemps car il était là en 2010, est quelqu’un qui sait donner confiance aux joueurs. Il n’est pas sans cesse en train de nous mettre la pression, mais quand il faut le faire, il n’hésite pas. C’est un entraîneur que j’apprécie car il bosse, il est discret et son message passe bien auprès des joueurs.

Comment expliquez-vous que le Bénin soit devenu une équipe capable de se hisser en quarts de finale de la CAN ?

Il y a un effectif avec de la qualité, un coach qui fait du très bon travail, mais aussi une meilleure organisation. C’est plus professionnel, même si tout n’est pas encore parfait, mais au moins, les joueurs sont libérés, n’ont plus qu’à s’occuper du terrain. Cela fait déjà plusieurs mois que ça fonctionne bien, et nos victoires face à l’Algérie (1-0), au Togo (2-1) et les bons résultats enregistrés en matches amicaux avant la CAN [victoires 1-0 face à la Guinée et 3-1 contre la Mauritanie, NDLR] prouvent que nous ne sommes pas là par hasard !